Discours d'une mandatée CFTC à l'OPCO EP

Publié le 05 janvier 2026

Avant d’entamer notre réunion, je souhaite attirer votre attention sur des préoccupations majeures et partagées concernant l’avenir de l’accompagnement assuré par les services des OPCO auprès des entreprises et des salariés.

Les propositions d’économie budgétaire, portées par l’État dans un contexte de maîtrise des dépenses publiques, ne sont pas sans conséquences. Les objectifs affichés – près de 200 millions d’euros d’économies, accompagnés de la suppression envisagée de nombreux emplois – interrogent profondément le sens même des missions confiées aux OPCO et notre capacité collective à maintenir un service de qualité, de proximité et équitable sur l’ensemble du territoire.

En Région Paca, le désengagement progressif de la collectivité régionale de nombreux organismes de formation prévu en 2026, au nom des économies budgétaires, fragilise encore davantage l’écosystème de la formation. Ce retrait a des conséquences très concrètes : fermetures de sections, baisse de l’offre de formation, recul de l’accès aux qualifications, notamment pour les publics les plus éloignés de l’emploi.

À cela s’ajoute la situation préoccupante de l’apprentissage. Alors même que l’apprentissage a démontré son efficacité en matière d’insertion professionnelle, les signaux envoyés aujourd’hui sont contradictoires. Réduction des financements, incertitudes sur les niveaux de prise en charge, fragilisation des CFA : ce sont autant de freins qui pèsent sur un dispositif pourtant essentiel à l’entrée des jeunes dans l’emploi et à la transmission des compétences dans nos entreprises.

Ces orientations soulèvent aussi des inquiétudes légitimes quant à la continuité et à l’efficacité de l’accompagnement des entreprises, en particulier les plus petites d’entre elles, qui dépendent fortement de l’ingénierie, du conseil et de la présence humaine des OPCO.

Nous ne pouvons pas accepter que la formation professionnelle, pilier de la sécurisation des parcours, devienne une simple variable d’ajustement budgétaire. Elle constitue au contraire un investissement stratégique pour l’économie, la compétitivité des entreprises et la sécurisation des parcours professionnels des salariés.

Nous traversons une période de mutations profondes des métiers et des compétences. L’accélération des transitions numériques, l’émergence de l’intelligence artificielle, mais aussi les transformations écologiques et organisationnelles, imposent une adaptation continue des compétences. Dans ce contexte, garantir l’accès à une formation professionnelle continue, de qualité et adaptée aux réalités de terrain, est une nécessité absolue pour préserver l’employabilité des salariés.

Le rôle des OPCO est donc plus que jamais indispensable. Et cela est particulièrement vrai pour l’OPCO EP, qui accompagne près de 95 % de très petites entreprises. Ces TPE n’ont ni les moyens ni les ressources internes pour anticiper seules les évolutions des compétences, monter des dossiers complexes ou structurer des parcours de formation et d’apprentissage. Elles sont en effet, souvent dépourvues de services RH structurés, et ne peuvent, donc pas se passer d’un accompagnement de proximité, humain et expert. Réduire les moyens de

l’OPCO EP reviendrait à fragiliser directement le tissu économique de proximité et des milliers d’entreprises et de salariés, déjà confrontés à de fortes tensions économiques.

La CFTC tient à le rappeler avec force : la formation professionnelle et l’apprentissage sont des investissements d’avenir. Ils conditionnent l’employabilité des salariés, la compétitivité des entreprises et la cohésion sociale de tout notre territoire.

Malgré ce contexte contraint et face à ces enjeux, la CFTC se veut à la fois vigilante et responsable. Nous mettrons tout en œuvre pour identifier, défendre et mobiliser les leviers nécessaires afin que l’OPCO EP conserve sa pleine capacité d’intervention, tant en matière de conseil, de financement que d’ingénierie de formation, et ce pour garantir une présence territoriale forte en Région Provence Alpes et Côte d’Azur, au plus près des besoins des entreprises et des salariés.

Car, réduire les moyens de l’OPCO EP, c’est affaiblir directement le tissu économique de proximité.

Notre ambition demeure intacte : permettre à chaque salarié, à chaque apprenant, à chaque jeune en apprentissage, d’accéder à une formation de qualité et de s’épanouir dans son parcours professionnel sur notre territoire.

Merci de votre attention.

Angélique SCHWARTZ,
Mandatée CFTC à la CPR OPCO EP PACA