Près de deux mois après la diffusion du projet de décret prévoyant l'augmentation du montant du ticket modérateur restant à charge des personnes mobilisant leur CPF, le texte est publié au Journal Officiel du 1er avril 2026 !
Dès le 2 avril, les bénéficiaires au du CPF devront payer 150 € de leur poche pour les formations financées via ce dispositif, sauf les demandeurs d'emploi ou les salariés bénéficiant d'un abondement de leur employeur ou Opco, ainsi que les personnes mobilisant leur C2P. Une augmentation qui ne concernera pas les formations souscrites jusqu'au 1er avril.
La participation obligatoire due par les bénéficiaires du CPF lorsqu'ils mobilisent leurs droits est portée à 150 € à partir du jeudi 2 avril 2026. Une évolution actée par le décret n° 2026‑234 du 30 mars 2026 publié au Journal officiel du 1er avril. Jusqu'à présent, et depuis le 1er janvier 2026, son montant est de 103,20 €. Lors de son instauration en mai 2024, le "montant forfaitaire" de cette participation était de 100 €. Le Ministère du Travail et des Solidarités a fait le choix de modifier ce seuil initial tout en conservant le principe de son indexation annuelle sur l'inflation au 1er janvier. Le décret précise par ailleurs que ce nouveau montant de participation obligatoire "s'applique aux actions éligibles au compte personnel de formation pour lesquelles la demande de souscription est intervenue postérieurement à [son] entrée en vigueur", soit le 2 avril 2026.Les publics concernés par ce reste à charge demeurent inchangés. En sont exonérés les demandeurs d'emploi, les actifs occupés bénéficiant d'un cofinancement (de leur employeur ou de leur Opco ‑ branche professionnelle...), ainsi que les personnes utilisant leur C2P (compte professionnel de prévention) ou leur abondement en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle.
Recentrer et économiser
Cette hausse du ticket modérateur répond à un double enjeu pour le gouvernement : responsabiliser les bénéficiaires du CPF pour recentrer le dispositif sur des formations professionnalisantes et limiter au final les financements engagés au titre du CPF. Deux objectifs qui sont également à l'origine du plafonnement du financement de certaines actions de développement des compétences mis en place fin février dernier, en application de la loi de finances pour 2026. Sont concernés les formations visant une certification inscrite au Répertoire spécifique (RS), hors CléA, avec un financement CPF plafonné à 1 500 €, les bilans de compétences (plafonnés à 1 600 €) et 900 € pour les préparations aux épreuves théoriques et pratiques des catégories de véhicules terrestres à moteur du groupe léger (voitures de tourisme ou de société et utilitaires ne dépassant pas 3,5 tonnes).Lors de l'adoption de son budget prévisionnel 2026 le 27 novembre 2025, France compétences a indiqué à ses administrateurs que le ministère du Travail tablait sur 885 d'économies sur le CPF en 2026, dont 186 M€ grâce au plafonnement des formations non certifiantes, 122 M€ via le plafonnement du permis de conduire, mais aussi 429 M€ au travers de diverses "mesures à prendre par l'État en lien avec la participation financière obligatoire des bénéficiaires". Des estimations revues depuis, qui vont amener France compétences à présenter à son conseil d'administration du 2 avril, un budget rectificatif pour 2026 qui revoie à la hausse l'enveloppe prévue pour le CPF qui devrait passer à 1,359 Md€ (contre 1,319 Md€ précédemment).



